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Far from the Cold of December | ft. Taghrìd

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MessageSujet: Far from the Cold of December | ft. Taghrìd   Dim 29 Mar - 5:34



Far from the Cold of December

Caranthel était assise contre le mur en bois d’une petite auberge, dans un village quelconque au sud du Rohan. Ses cheveux ruisselaient de gouttes de pluie tandis que son épaisse cape rouge traînait par terre, trempée ; au-dehors, il y avait un sacré orage. Elle remerciait Morgoth d’avoir trouvé une chambre ici, fusse-t-elle sous le toit. Au moins, elle n’était pas sous la pluie. En soi, cela ne l’aurait pas dérangé plus que cela, mais l’elfe millénaire n’était pas d’humeur à quoi que ce soit de bon ce soir-là. Elle était même mélancolique, et perdait patience. Il s’en était fallu de peu qu’elle n’en poignarde pas un en bas, visiblement ivre et heureux de voir une femme. La chance l’avait sauvé, car elle avait directement filé vers l’étage à peine sa chambre attribuée. Elle aurait dû prendre une pinte de bière, au passage. Elle leva doucement le regard vers le ciel noir, parfois strié d’éclairs. De magnifiques éclairs.

Comme cela lui arrivait parfois, son esprit s’insinuait trop profondément dans le tertre de ses souvenirs et faisait ressurgir en elle quelques douleurs du passé. Et on ne pouvait pas dire qu’elle avait été épargnée. Avec le temps qui s’écoulait et la folie qui semblait avoir brisé son esprit, il lui arrivait de se perdre mentalement. Mieux valait ne pas se tenir près d’elle à ce moment-là ; avec un peu de chance, elle serait dans ces étranges périodes où le sang l’excitait au plus haut point.

C’était l’arrivée du printemps – malgré la nuit et l’orage. Et, comme à chaque printemps, la terre semblait réveiller les hormones qui dormaient l’hiver. Et quand, comme elle, on appréciait de parcourir la Terre du Milieu à pied malgré sa monture ailée, passant à travers les bois et par des chemins peu fréquenté, on en voyait, de ces choses ! Ca affectait forcément un peu l’elfe, qui esquissa soudainement un léger sourire. Il semblait que, cette nuit, elle faisait un petit voyage vers un passé plus radieux que lors de ses introspections habituelles. Plus loin même que Fëawen ; quoi que tout cela se mélange un peu dans son esprit malade. Ses yeux se mirent à luire d’une étrange lueur ;

« Oh ! Tu m’entends, Mairon ? Ton œil est sur moi ? »

Une folle – voilà ce pourquoi n’importe quel Homme sensé l’aurait prise s’il était rentré dans la pièce à ce moment-là. Un rire l’agita doucement, alors qu’elle se redressait un peu contre son mur, pour se hisser sur ses jambes.

« Et si on passait la soirée, juste toi et moi ? Une soirée… Romantique ? » Peut-être parlait-elle seule. Sans doute parlait-elle seule. Elle s’en moquait, laissait-là croire que l’œil était sur elle et l’écoutait. « Un peu comme autrefois. Tu t’en souviens ? »

Sa voix se fit plus douce. Lentement, les images de ses souvenirs semblaient se superposer à son esprit. Des images qui reviennent, comme des souvenirs tendres. Il lui semblait entendre une ancienne ritournelle. Les grands bâtiments de Barad-Dûr semblaient remplacer l’étroite pièce. Elle croisa furtivement son reflet dans un miroir, finalement bien plus radieux qu’elle ne s’y était attendu. Je retrouve dans un sourire la flamme de mes souvenirs. Elle esquissa quelques petits pas de danse, en souriant ;

« Ça aurait commencé… Par un repas ! Un festin, avec tout le monde ! Comme lors des grandes soirées. »

Elle s’imaginait, avançant gracieusement parmi ses confrères, dans l’une de ces belles robes légères qu’elle portait encore à l’époque et qui aurait fait pâlir quelques princesses humaines ; longue robe d’un rouge pâle, près du corps, comme savent en faire les elfes.

« Oh ! Après les victuailles, un peu de danse et de musique ! ‘‘Je sais que les elfes aiment ça !’’. On se serait levé, et quelques elfes auraient entamé quelques valses. » Elle s’avança de quelques pas et s’assis sur le matelas. « Je n’aurais pas bougé, d’abord, timide, je t’aurais regardé danser, gracieux. Tu m’aurais vu, et tu serais venu me prendre par la main pour m’entraîner, moi aussi, dans une valse, en demandant pourquoi je me montrais toujours réservé ; pourtant, tu me montrais quelque marque d’affection. Mais j’étais jeune, peu sûr de moi, oh ! »

Caranthel rit et mima la scène, avant de se mettre à valser seule, doucement, avant de s’arrêter pour s’avancer jusqu’à la fenêtre. La pluie qui frappait contre les carreaux la contraria un peu, mais elle ne s’en formalisa pas. Au diable ces gouttes ! Ça n’était qu’un peu d’eau.

« Mais j’ai parlé de soirée romantique, n’est-ce pas ? Alors regarde. On sort sur la terrasse ; le ciel est dégagée, on peut y voir les étoiles briller de mille feu. Une étoile filante ! Je fais un vœu, et… Je glousse, sans doute. Je ne dis rien : il ne faut jamais dire ses vœux. On aurait discuté, longtemps, et puis… » Elle prit une soudaine inspiration, aurait aimé tendre les lèvres, mais elle ouvrit la fenêtre. « D’un coup, c’est le déluge. La pluie qui tombe nous force à rentrer ; il est tard, presque plus personne dans la salle. On doit courir dans les couloirs, je ris comme une jeunette. Mon cœur bats au rythme de nos pas qui claque sur le sol dur, et nous arrivons à tes appartements, trempés. »

Caranthel elle-même est trempée. Un frisson agite son corps, et elle referme rapidement la fenêtre. Quelle folie l’a prise ? Ramassant sa cape qui traine au sol, elle l’avance près du feu, et s’accroupit à côté.

« Eh ? Alors que je fais mine de me plaindre tu relèves mon menton. Quoi ? La vie est belle aujourd’hui, il faut en profiter. Je sais ce qui va se passer, mais je voudrais te faire croire que je ne suis pas d’accord. Ça ne sert à rien de mentir, pourtant : et voilà, tes douces lèvres sur les miennes. » L’elfe se laisse tomber en arrière avec un sourire. « On s’enflamme. Peut-être un peu trop. Les baisers, les caresses, échouée avec volupté au milieu de draps soyeux… De toute façon, nous connaissons la limite à ne pas franchir, toi comme moi, nous savons ce qu’il ne faut pas faire, ce qu’on n’a pas le droit de… »

Caranthel se redresse d’un coup. Elle se leva et tituba jusqu’au mur opposé, s’appuyant dessus.

« Je ne sais pas si je dois avoir peur, mais je profite de la situation, un peu trop, un peu plus que je ne devrais m’y autoriser. Je crois que je t’aime, Mairon. Voilà ce que j’ai envie de dire, en soufflant ton premier prénom. Mais rien ne sort, j’ai toujours été trop… Timide ? Je crois que je t’ai-… »

Un instant, Caranthel n’esquissa plus le moindre geste. Tremblante, contre son mur, à repenser à quelques sensualités proscrites du passé, l’image d’un homme lui souriant, blond, aux longs cheveux ondulant vint la troubler. Elle tituba et tomba à genoux comme si elle avait bu, la gorge serrée.

« Bordel... »

Tout était tellement confus. Mais trois choses étaient sûres ; la première, elle était trempée. La deuxième, elle était morte de soif. La troisième, Fëawen était à Valinor. Elle se releva doucement, se rhabilla de manière à être présentable, et descendit les marches à la volé. Il n’y avait presque plus personne, en bas, mais vu l’heure avancée celui lui semblait normal. Sans plus faire attention aux clients encore présent, elle alla commander une pinte de bière et alla s’asseoir à une table, dans un coin, espérant noyer ces lointains souvenirs par quelques gorgées d’alcool.




HRP.


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MessageSujet: Re: Far from the Cold of December | ft. Taghrìd   Jeu 23 Avr - 3:39



Far from the Cold of December

ft. Caranthel


that was unexpected

Le soleil. La chaleur ardente sur mon visage, les brûlures du sable chaud dans ma course et les rires qui résonnent, éclatants comme le beau temps. Voilà ce qui me manque aujourd'hui, alors que l'orage gronde et éclate en coups de tonnerre grincheux autour de moi, tandis que je parcourre les derniers miles qui me manquent avant de trouver un abri digne de ce nom. Grotte ou auberge, qu'importe ! L'eau a déjà fait son oeuvre, alourdissant mon chargement et mes frippes, et si mes lèvres violacées tremblottent, je garde pourtant mes mains gantées de cuir serrées sur les brides rèches, le corps presque couché sur ma monture gelée. Digne et forte. Sauvage. Même les éléments ne pourront rien face à ma détermination nouvelle, même Sauron lui-même ne m'empêchera pas d'atteindre mon objectif aujourd'hui. Qu'importe sa colère par ailleurs. Les souvenirs défilent encore devant mes yeux grands ouverts, s'agitant en éclaircies, visions enchanteresses de mon pays d'enfance, là où les chevaux galopaient, vifs et rapides comme le vent, laissant derrière eux des vagues de poussière d'oralors que je tentais le tout pour le tout dans l'espoir fou de le rattraper. Les étoiles luisaient, visibles et éclatantes, guidant notre route aussi sûrement que la lueur de nos torches, la nuit froide était aussi attendue que la chaleur du petit jour, car c'était là nos moment à nous, tendres soirées passées près du feu à écouter les vieilles histoires du monde.
Aujourd'hui que reste t-il de ces souvenirs, Erathuil ? Que reste t-il de nos désirs, de nos cris, de nos luttes ? Toi qui te targuais d'être libre te voilà parti, m'abandonnant moi et tes hommes au vent, obéissant à ce singe qui te sert de géniteur comme j'ai du obéir au mien. Tout ça pour quoi au juste ? Ne pouvais-tu pas continuer de servir le Maître à la maison ?

La pluie. Déluge glacé qui tue, battant avec effrois les rares fous qui osent s'aventurer dehors malgré la tempête. L'avalanche de gouttes qui frigorifient un peu plus, n'aidant en rien à mon humeur morose, la flotte collant les fringues poussiereuses à ma peau mordrée que je tente d'ignorer tant bien que mal. Continuer d'avancer malgré le déchaînement des éléments, jusqu'à atteindre un pauvre et petit village noyé. Le printemps ... Tu parles ! Et Sauron s'est fait invité à prendre le thé avec les autres dieux ! Mais bien sûr !
Habituellement, l'eau claire ne m'aurait pas dérangée, étant si rare et précieuse en mon pays natal. Le froid non plus à vrai dire, pas plus que l'orage magnifique. Mais aujourd'hui je ne suis pas ravie de subir la gifle des intempéries, je préfère les provoquer. Un éclair lumineux jaillit d'ailleurs dans mon dos comme pour me donner raison, illuminant la noire et ruisselante bâtisse d'apoint qui me fait finalement face. J'aurais sans doute aimé venir me balader entre ces murs dans un autre contexte mais je n'ai plus le temps d'observer les paysages. Cela fait deux semaines, ou trois, peut-être plus que je ne compte plus vraiment les jours, un nombre effroyable d'heures que j'ai appris la nouvelle. Mon frère, mon bien aimé et adoré frère a été rappelé dans cette citadelle de dégénérés, de brutes épaisses, de crétins sans cervelles ni raffinement, et tout ça pour épouser une ... Bref.

Frisson dû aux températures basses, arrêt net et brutal de l'animal. Ma monture se stoppe sans douceur, cheval aguérrit depuis le temps, et je descends aussi souplement qu'un rohirrim le ferait, sans un regard en arrière. Je connais cette contrée pour y avoir déjà posé les pieds, même si ce village là a échappé à ma découverte. Qu'importe, à ce stade ils sont tous pareils. Je pose ma main sur le flan de l'animal noir qui renâcle, avant d'attraper les rênes et le guider dans une sorte d'étable où d'autres sont déjà présents. Je n'ai pas de craintes à avoir si jamais on me le vole : l'équidé est plus tête de mûle encore que mon père, et il n'obéit qu'à moi. De plus, ce n'est pas comme si il n'était pas protégé : pour une fois, je laisse ma salamandre dans sa petite cage accrochée à la selle. J'abandonne mes amis avec de la nourriture indigne – rien ne vaut la verdûre de nos patûrages -, avant de repartir vers l'auberge. Inutile de rabattre ma capuche sur le chemin, je suis déjà transit de froid, ce n'est même plus la peine. Je me réchaufferais ce soir, lorsque je coucherais mon corps dans la paille près d'un feu de forturne, priant pour qu'Erathuil aille bien, priant Sauron pour que ce dernier exauce ses prières. Mais en attendant l'heure, je pousse la porte de l'horrible amoncellement de bouts de bois pour y rentrer. Sans un regard vers les ivrognes de basses conditions, vers tous ces pochtrons soûls à en crever qui baignent dans leur crasse, je marche en direction du tavernier pour commander un maigre repas chaud et un peu d'alcool au goût de pisse âcre. Hé, ce n'est pas le luxe ici. Je suis certaine que même les orgies sont sales, ce qui a le don de m'horripiler au plus au point.
Heureusement, le repas arrive vite, et il n'y a pas grand monde et la majorité des êtres sont déjà à cuver sur la table – dîner spectable en perspective. En revanche, c'est bien le dernier endroit au monde où j'aurais pu espérer croiser une femme théoriquement respectable ...

" Puis-je me joindre à votre table ?" ose-je demander à la demoiselle perdue dans ses pensées, tandis que ma choppe et mon assiette encombre à présent mes mains. Par Sauron, que fiches-tu là ?!


code   by   ORICYA;   REVISITÉ   PAR   SHADOW.

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MessageSujet: Re: Far from the Cold of December | ft. Taghrìd   Sam 5 Sep - 1:06



Far from the Cold of December



Caranthel releva la tête lorsqu’une voix parvint jusqu’à ses oreilles. Qui osait la déranger, alors qu’elle venait d’essuyer une légère crise psychotique ? Alors que ses souvenirs enfouit, mélangés, oubliés et perdus dans les tréfonds d’un subconscients renfermant sa pureté et son innocence à jamais terni remontaient à la surface en une myriade de son et de couleur se superposant les uns sur les autres et, au final, se faussant. Mairon, Feawen, et si – au fond – ces deux êtres n’en étaient qu’un seul ? Non, bien sûr que non. Si ? Elle allait tuer quelqu’un. Elle. Voilà, parfait, elle voulait se joindre à Caranthel ? Elle allait…

Les yeux de l’elfe s’écarquillèrent légèrement. Taghrid. Bon dieu, que faisait-elle ici ? Ne l’avait-elle pas reconnu, l’elfe qui avait passé beaucoup de temps avec son frangin, à le taquiner et à le défier – à le battre aussi, souvent ? Le regard de Caranthel s’adoucit. Evidemment, qu’elle pouvait s’asseoir. Et elle était toute pardonnée ; la fatigue, l’éloignement du pays, le voyage… Cela retournait le cerveau, parfois. Un sourire s’étira même sur ses lèvres, et les rêves aux cauchemars mêlés eurent tôt fait d’être oubliés. L’esprit de l’elfe millénaire était quelque chose de complexe, sombre et torturé dont elle avait parfois elle-même du mal à saisir la logique.

« Bien entendu. Comment pourrais-je te refuser à la table ? » L’aurait-elle reconnu ? Les yeux légèrement pétillant – mais fatiguée – les cheveux encore humides, et un sourire léger. Peut-être quelque peu mélancolique. Il n’y avait pas que les souvenirs qui se mélangeait dans son esprit ; quel était son pays ? La Terre du Milieu, l’Harad ou Valinor qui l’appellerait tôt ou tard ? Elle n’avait pas réellement de chez elle, et elle le constatait avec tristesse. Elle se sentait chez elle partout, et, au final, ne s’y sentait plus nulle part, avait le mal du pays tout le temps. Ou presque. « Que fais une jeune femme comme toi à vagabonder seule sur les routes ? J’espère au moins que tu vas bien, Taghrid. Je suis contente que tu sois tombée sur moi, et pas sur… Quelqu’un d’autre. »

Elle lança un regard sombre aux quelques hommes qui restaient. Techniquement, les gens raisonnables et fréquentables étaient tous partis se coucher. Sauf la jeune voyageuse qui venait de s’installer face à elle – et oui, Caranthel ne se jugeait pas « fréquentable », même si elle jouait en permanence le jeu avec une satisfaction toute particulière. Néanmoins, la présence d’une amie ici, si loin de chez elle, était inattendue. Pas indésirable, mais surprenante. Elle était curieuse d’en connaître la raison et de pouvoir lui offrir son aide, si elle en avait le besoin.


HRP. Désolé, c'est court Faut que je me remette dans le bain, je savais pas trop quoi répondre là :hm: :amour:


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