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L'homme et la bouillotte qui ronronnait [Erathuil]

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MessageSujet: L'homme et la bouillotte qui ronronnait [Erathuil]   Lun 4 Mai - 14:50
L'homme et la bouillotte qui ronronnait

Erathuil & Nix


Le museau levé vers le ciel, le fauve respirait les effluves de la terre mouillée à pleins poumons. Bien à l’abri sous un auvent de feuilles, installée sur une branche basse mais robuste, la tigresse attendait que l’orage se calme avant de reprendre sa route. Son périple l’avait entraînée jusqu’au Gondor où elle décidé d’accorder quelques jours à ses hommes et à elle-même avant de repartir voguer sur les flots capricieux. Elle aimait la mer plus que tout mais son instinct animal la poussait lors de ses escales à partir en chasse, à retrouver le plaisir de fouler une terre riche en odeur de ses pattes puissantes. Elle avait réussi à attraper un chevreuil et l’avait dévoré avec appétit juste avant que la pluie ne se mette à tomber. Du haut de son perchoir, elle fixait l’horizon grisâtre avec un ronronnement de satisfaction d’avoir le ventre plein et de ne rien faire. Se retrouver seule parfois lui faisait le plus grand bien même si elle aimait plus que tout se sentir entourée de ses hommes fidèles et loyaux. De temps en temps un peu de solitude ne lui faisait pas de mal. Bien que d’ordinaire préférant jeter l’ancre en Harad, Nix appréciait tout particulièrement le Gondor. Le gibier lui plaisait et plus encore les hommes si pétris de nobles idéaux qu’ils en devenaient risibles à ses yeux. Elle dévorait le monde et ne faisait pas de quartier. Si une bande d’idéalistes pensaient pouvoir régner sans roi et vivre en paix sans prendre les armes alors que du côté du Mordor ça commençait déjà à prévoir le vin et compagnie pour fêter la victoire d’un certain Sauron... eh bien elle attendait de voir comment la petite reine allait s’en sortir.

Il ne fallait pas se leurrer. Nix avait conscience qu’en tant que femme elle devait prouver davantage qu’un homme pour régner sans partage sur son petit empire. Alors une enfant avec un si grand royaume... Non décidément le Gondor n’était pas en très bonne posture selon elle et c’était bien pour cela qu’elle avait tenu à aller y jeter un coup d’oeil. Après tout si une guerre se préparait, c’était sans doute très bon pour ses affaires à elle. Et elle devait bien l’avouer : tout ce chaos potentiel l’amusait follement. Toute entière à ses pensées, elle ne vit pas tout de suite les cavaliers arriver. Quand ils furent suffisamment près pour que le bruit de leurs chevaux fassent frémir ses oreilles, la tigresse s’étira et posa un regard curieux sur les petites silhouettes qui s’installaient non loin du petit bois où elle avait trouvé refuge. Oh elle n’avait rien à craindre. Après tout ça n’était qu’une dizaine de soldats. Tout au plus pourrait-elle leur coller une belle frayeur et en croquer un ou deux si elle n’avait pas eu le ventre plein. Bien qu’étant de nature assez facétieuse, la féline avait aussi et surtout une flemme impressionnante quand elle était en phase de digestion. Ces hommes auraient eu des boucliers en or qu’elle n’aurait pas levé la patte pour aller les détrousser. Pas après une petite sieste. Sa branche était confortable, sa fourrure lui tenait suffisamment chaud pour survivre aux froides nuits des montagnes désolées où elle avait grandi, aussi laissa-t-elle échapper un « groumpf » paresseux avant de retourner à ses rêveries.

Sans doute aurait-elle dormi pendant quelques heures avant de repartir en trottinant vers le lieu où ses hommes l’attendaient. Mais un bruit proche lui fit ouvrir les yeux. Un soldat s’était éloigné du campement et marchait en direction des arbres. Sans émettre le moindre son, la féline le suivit des yeux avec curiosité. Sans la voir, il la dépassa et Nix ne résista pas à l’envie de le surprendre. Elle était comme ça. Impitoyable mais également cabotine. Sautant gracieusement de son perchoir, elle atterrit derrière l’homme et poussa un petit rugissement comme pour l’appeler. Eh toi ! Viens jouer avec moi et me gratter le ventre ! Parfois le côté félin prenait un peu trop le dessus et elle commençait à prendre ses désirs pour des réalités. En y réfléchissant bien, n’importe quel homme sensé aurait peur d’une si grosse bête et sortirait une arme pour défendre chèrement sa vie. Si elle en était consciente, elle n’en avait strictement rien à faire. A vrai dire elle avait plus que jamais envie de taquiner sa proie et de jouer avec. Quitte à reprendre forme humaine histoire de le plonger davantage dans la confusion pendant un temps, juste avant de prendre la poudre d’escampette et de rire de cette aventure une fois qu’elle serait parmi les siens.


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MessageSujet: Re: L'homme et la bouillotte qui ronronnait [Erathuil]   Jeu 23 Juil - 15:50


       

       Nix & Erathuil
       L'homme et la bouillote qui ronronnait
L
e Gondor.
J'y mettais les pieds pour la seconde fois en 95 années d'existence. Deux fois en moins d'un mois, pour être précis, les désirs de mon maître m'attirant hors des sentiers de sable de mon pays. Lors de mon départ d'Harlindon pour le Khand, il y a presque un siècle, mon équipage avait fait un détour pour éviter les plaines gondoriennes, suspicieux du sort que des gondoriens pourraient faire subir au fils aîné d'Irsil. J'étais après tout offert au père de Khaled pour sceller un pacte contre le Gondor et ses numénoréens,. Nous étions passés par les sables de l'extrême nord d'Harad, s'éloignant au galop dès qu'un hameau gondorien se profilait à l'horizon. Mais quelques semaines auparavant, j'avais mené une charge contre Osgiliath, me démenant dans les cris et le sang pour reprendre la rive ouest et l'offrir à mon seigneur. Nous y avions cru et pourtant...pourtant ce n'est pas en terre conquise que nous chevauchions à nouveau en Gondor. Partis depuis une dizaine de jour, nous étions encore loin de notre but, pauvre ville côtière à l'autre bout du monde. L'obligation de mener profil bas et de nous faire discret face aux légions du Gondor qui voulaient nos têtes pour décorer leurs blanches forteresses nous ralentissait encore, mais ce n'était que le maigre désavantage que d'avoir déclaré la guerre à ces usurpateurs.
Connaissant le conflit entre ce pays et la famille, entre ces rois et mon maître, je me serais attendu à paysage plus horrible, trajet plus insupportable, mais il n'y avait...rien. Rien de particulier, que l'herbe rase battue par les vents et les guerres, rien à haïr dans cette déchéance piétinée par mon maître, rien à aimer loin de mes terres chéries, qui déjà me manquaient. C'était décevant, mais surtout...ennuyant. Je n'emmenais avec moi que quelques uns de mes cavaliers, les plus fidèles à ma personne ou les plus curieux du vaste monde. Nous n'avions pour nous occuper que les défis et plaisanteries de Onecir, les brusques cavalcades à bride abattue... le village incendié deux jours auparavant. Seul les mouvements familiers de mon cheval apaisaient mes sentiments partagés alors que je goutais au plaisir de chevaucher, tentant d'oublier le froid qui seul me rappelait que je n'étais pas dans le désert, à badiner avec mes hommes, d'oublier la cicatrice encore fraîche de mon torse qui tiraillait parfois douloureusement, rappel délicat de mon échec

Jusqu'à ce qu'une trombe d'eau nous déferle dessus. Mon turban et mes voiles, la cape de nuit que j'avais passé tentèrent dans un premier temps de m'abriter des éléments, mais ils furent rapidement trempés, dégoulinant des gerbes d'eau que leurs montures soulevaient alors que nous cherchions à fuir l'orage au grand galop. Cavaliers comme monture étions résistants, habitués à des nuits glaciales et des journées infernales, mais telle averse nous prenait de court, nous laissant suffocants sous l'orage.

Sous le couvert des arbres, la pluie semblait s'apaiser et nous démontèrent, tremblants et ruisselants. Nous avions des tentes, des toiles cirées à bâtir dans les dunes mouvantes ou à accrocher entre ses arbres étrangers qui nous offraient leur abri. Lorsque nos chevaux et mes hommes furent en sécurité, je les quittai pour m'enfoncer sous les arbres.  La pluie s'était apaisée et marchais d'un pas vif dans ce bois inconnu, redressant la cape autour des mes épaules dans un maigre effort pour conserver ma chaleur. Je n'en avais pas réellement besoin, pas tant que ma foi me portait et mes doigts gelés n'étaient qu'un maigre souvenir par rapport au besoin que je ressentais de me recueillir et de prier, d'implorer mon maître de me donner la force de remplir mon devoir.

J'allais tomber à genou lorsque je surpris un mouvement, un bruissement étranger dans ce monde étrange. La rapière siffla, jaillissant de son fourreau avant que mon esprit ait le temps d'y réfléchir, sa garde de métal pesant son poids de réconfort dans ma paume. Cimeterre à cheval, rapière à pieds bien que je pestai intérieurement d'avoir les deux pieds sur terre, ancrés dans cette boue. Je pivotais cependant, ma cape effleurant l'herbe humide, la longue lame fine de la rapière tranchant l'air jusqu'à ce que sa pointe se pose sur... le museau d'un tigre ?

"-Que fais-tu là ?"

Lâchai-je surpris, sourcils légèrement froncés et interrogation dans le regard. Je baissai légèrement mon arme pour fixer le majestueux animal. J'étais accoutumé à la vision d'un tel animal qui étaient familiers du Rhûn et du Khand, voire des oasis et palais d'Harad. Il était dangereux évidemment, et j'avais plus d'une fois vu l'un de ses congénères égorger des hommes armés, mais c'était la beauté du fauve. La beauté de mon pays et le voir sur ce décor forestier, gondorien réveillait en moins la nostalgie du pays.  J'ouvris lentement mon autre paume la tendant dans l'espace qui nous séparait, sans timidité, ni prudence. Il n'était pas menaçant, plutôt...joueur ? Si Onecir était là, nulle doute qu'il me donnerait un coup de coude et me défierait de le caresser. Comme si j'avais besoin de lui pour l'audace et j'avançais, prêt à bondir en avant, le jeu ourlant mes lèvres d'un sourire.
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MessageSujet: Re: L'homme et la bouillotte qui ronronnait [Erathuil]   Lun 21 Sep - 22:46
L'homme et la bouillotte qui ronronnait

Erathuil & Nix


Ne pas bouger. Ne surtout pas bouger. Nix se répétait ça comme un mantra alors que l’humain dégainait rapidement -mais pas assez pour elle- sa rapière pour la pointer sur elle. Tsss, ces humains alors. Toujours à avoir peur, à se mettre sur la défensive, alors qu’ils n’avaient aucune chance face à elle. Surtout seuls. Eternuant sur le bout de la lame, la tigresse recula d’un pas et frotta sa truffe du bout de sa patte. Ça chatouillait ces choses là ! « Que fais-tu là ? » Je me balade et je cherche un brave type pour me patouiller, avait-elle envie de répondre. Elle se contenta d’un « groumpf » évocateur et soutint son regard sans ciller. Elle aimait beaucoup jouer à ce jeu avec Soren, même si ce dernier gagnait presque toujours. Alors que l’homme baissait son arme et tendait la main vers elle, la tigresse inspira profondément. Il sentait la chaleur et le soleil. Il sentait comme son pays. Les rayons qui réchauffaient sa fourrure, la poussière qui se soulevait lorsque ses pattes puissantes foulaient le sol rocailleux. Il sentait les chants autour du feu, les étoffes colorées. Nix décida qu’elle l’aimait bien, de manière totalement arbitraire. Peut être qu’elle était nostalgique parfois, que chasser dans les montagnes lui manquait, que les forêts luxuriantes, jungles épaisses et étouffantes qui bordaient les déserts lui manquaient. Alors que l’homme avançait, toujours sur ses gardes, la tigresse étira le cou et appuya sa truffe humide contre la paume de la main.

Elle qui était parfois avide de sang, était aussi avide d’attentions. Si elle aimait ses moments de solitude, il ne fallait pas qu’ils durent trop longtemps sous peine de souffrir d’une carence de câlins. Bon, cet homme n’était visiblement pas totalement idiot -inconscient par contre, ça oui- puisqu’il restait prudent. Alors Nix s’avança et frotta sa grosse tête de fauve contre la main et vint s’asseoir contre les jambes de l’homme. Sans doute croirait-il à un tigre apprivoisé, ce qui n’était pas totalement faux. Comment réagirait-il lorsqu’elle reprendrait forme humaine ? Elle avait toujours aimé voir la stupéfaction sur les traits de ses victimes avant d’éclater de rire en les voyant rougir le plus souvent. Rarement sa nudité provoquait l’envie quand ils avaient vus le fauve auparavant, ils gardaient toujours à l’esprit qu’elle pouvait les dévorer. Par contre dans l’ordre inverse… la convoitise venait et était rapidement suivie par la surprise et la terreur. C’était tout aussi satisfaisant mais différent. Là au moins avait-elle le ventre plein et aucune envie de dévorer son compagnon. Et puis l’humain c’était fade et beaucoup moins gouteux que de la gazelle. Mais elle n’avait pas prévu pour le moment de lui montrer qu’elle était davantage qu’un gros chat. Peut-être finirait-il par s’en douter ? Rares étaient ceux à avoir croisé un changepeau, l’avoir vu sous ses deux formes et s’en être sortis sans dommage.

Un doux grondement monta dans sa poitrine et elle feula doucement, se frotta contre les jambes de l’homme, énorme bête au pelage rayé d’or et de nuit. Puis, comme mue par une impulsion soudaine, s’écarta et trottina un peu devant lui avant de l’appeler d’un « mrouuuuu » sonore. Voyant qu’il ne bougeait pas, elle revint vers lui et le poussa doucement de sa tête pour le faire avancer. Elle n’avait pas envie de rester là, plus loin se trouvait un endroit bien plus sec et confortable, un abri fait de branches et de feuilles qui créait une enclave sèche et protégée au sein de cette forêt humide. Son humain -car elle avait décidé que c’était le sien- commençait à avoir froid et elle avait décidé d’en prendre soin. Car un humain au sec est un humain enclin aux papouilles, elle le savait bien. Attrapant le bout de sa cape entre ses crocs, elle le tira délicatement vers elle pour le faire avancer. Un tigre tenant un humain en laisse ? Cela avait de quoi faire rire son équipage, aucun doute là-dessus  ! Trottinant doucement pour le laisser la suivre, elle le conduisit à quelques pas de là et se laissa tomber sur le matelas de feuilles mortes et sèches avec un grondement satisfait. Pas d’humidité dérangeante et il pourrait se réchauffer s’il consentait à venir s’installer contre elle.


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MessageSujet: Re: L'homme et la bouillotte qui ronronnait [Erathuil]   Mer 21 Oct - 9:44


Nix & Erathuil


L'homme et la bouillotte qui ronronnait
Avez-vous déjà entendu parler de l'expression d'acte de foi ? Saut de foi ? L'idée qu'il faut parfois se lancer sans savoir ce qu'il y a de l'autre côté, sans réfléchir aux conséquences, en espérant que tout ira pour le mieux. Prendre des risques. Guidé par la foi qu'il s'agit de la bonne chose, de la meilleure chose à faire même si on ne peut voir où l'on va atterrir au moment où l'on prend son élan. Une idée avec laquelle j'étais étroitement, terriblement familier, qui guidait chaque jour mes pas et mon coeur - chacune de mes actions, quelle qu'elle soit, de sourire au ciel sans nuages ou de trancher la gorge d'un homme d'un revers de cimeterre. Ou tendre une paume ouverte à un tigre avec qui l'on est tombé nez à truffe, sans se soucier véritablement qu'il puisse vous arracher la main d'un coup de dent. J'étais sur mes gardes, alors que je m'avançais évidemment, presque félin dans mes muscles tendus, mais pourtant je n'étais pas inquiet, plus pris par l'exaltation qui animait mon coeur que par la crainte. Instant de suprême élévation, perfection, lorsque son museau humide toucha ma peau, le temps s'arrêta, Annatar sourit. Un sourire large et presque de gamin facétieux, qui étirait mes fossettes jusqu'aux oreilles et faisaient luire mon regard éclaira mon visage.

Je la considérais, assise contre moi, collée à mes bottes, avec une moue appréciatrice quoiqu'étonnée - j'avais l'illusion bien ancré d'avoir été jeté tout habillé dans un bain d'eau froide et nauséabonde, et je doutais qu'il y ait quoi que ce soit d'agréable à se frotter ainsi à moi. Mais la chaleur que son pelage chatoyant comme le soleil se couchant à l'orient transmettait à mon corps transi était un gâteau de Sauron lui-même, et si je frissonnais ce n'était pas de peur, mais plutôt de joie mêlée de froidure; alors que le sang circulait dans mes veines gelées.

"- Mrouuu ?"


Je l'imite, bien évidemment très mal alors que je rengaine ma rapière, certain qu'elle ne sera pas d'usage. Je ris doucement alors que le fauve s'empressait de me pousser de sa grosse tête duveteuse comme si je n'étais rien d'autre que son chaton - sentiment agaçant, et je tentais de me soustraire à ses oreilles rondes, dans une danse plutôt risible alors que mes bottes luisaient de pluie sur les feuilles mouillées.
En Harad, certains seigneurs conservent des tigres dans les jardins, ceux-ci presque domestiqués comme les chats de ma mère, vaquant à leur propre vie féline entre jardins et bassins. Je les avais vu de mes propres yeux, sans jamais m'en approcher véritablement - ce n'était pas mon monde, ce n'était pour moi qu'un caprice de nantis qui voulaient toucher du doigt mon univers sans oser s'y brûler. Mais elle n'était pas l'un de ses fauves indolents qui craignent le fouet - non, malgré leur appellation de domestiqué, ils ne saisissent pas les vêtements des invités pour les promener dans toute la demeure - sentiment vaguement humiliant si cette scène cocasse s'était déroulée devant un public, mais ici, alors que les vêtements collaient à ma peau marquée de la chair de poule et que ma cape était alourdie de l'averse, mon orgueil et ma susceptibilité légendaires étaient assourdies par ma curosité de chat mise en branle alors que je me faisais mené par le bout de la cape - et tant pis pour la boue sous mes pieds, ou les futurs traces de mordillement sur le bout de tissu.

Jusqu'à une grotte parsemée de végétation, miraculeusement apparue d'entre les arbres, trou noir d'ombres vertes, m'y glissant entre les branches à la suite du fauve. Au moins les feuilles et herbes qui poussaient sauvagement dans le sol déchiré de la grotte était sec, tout comme la roche froide que rencontrèrent mes genoux lorsque je me laissai tomber, agenouillé, sur le sol béni de cet abri. J'aime le sable et les dunes - leur paradoxe permet à l'homme au pied sûr et la foi inaltérable de se tenir dans la tempête et de s'effondrer dans leurs giron, à genou et la nuque humble lorsque celle-ci passe. La roche blesse, dure et froide sous mes genoux, et je regrette la chaleur de mon pays, ses courbes ensorcelantes aussi loin que le regard et le coeur peuvent espérer.

Pourtant, c'est bien dans cette grotte que je m'agenouillais et que la main sur le coeur je remerciais Annatar pour ce don - vision, miracle, apparition. Comment expliquer autrement ce tigre surgit de nulle part qui apaise mes errances et mes froidures ? Je détache la cape de mes épaules, pour la rejeter un peu plus loin là où elle formera sous elle une flaque d'eau. Je pivote pour m'asseoir sur mes fesses, les jambes légèrement repliées vers moi - j'essuie mes mains humides sur les parcelles de ma tunique de velours épargnées grâce à mon manteau.

"Puis-je ?"

Révérence et respect, dénué de peur mais pas d'admiration alors que je tends . Mes doigts sont encore gourds, tremblants et rougis par le froid, par la longue chevauchée sous l'averse, leur crispation sans repos sur les rênes, mais les plonger dans le chaud pelage les ramène à la vie - il y a du ravissement dans mon geste alors que je caresse l'animal, le contemplant des yeux et murmurant:

"-Tu es un cadeau d'Annatar, ta présence ici... Tu es magnifique."


Je passai ma main dans le pelage, le long de son dos, de ses flancs avec douceur et ravissement, me gorgeant de la chaleur et de la vie qui émanait d'elle, me brûlant les yeux de la lumière dont elle irradiait. Ma paume remonta jusqu'à ses oreilles rondes, les grattouillant sereinement alors que je me laissais aller contre le fauve, collant mon torse à son flanc, étranger au monde.

"Merci d'être là."

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MessageSujet: Re: L'homme et la bouillotte qui ronronnait [Erathuil]   Dim 8 Nov - 20:56
L'homme et la bouillotte qui ronronnait

Erathuil & Nix


« Mrouuuuuu ? » Le miaulement maladroit de l’homme aurait pu arracher un rire étouffé à la changepeau si elle avait été sous forme humaine. Elle aurait pu lui faire croire qu’il venait de dire quelque chose du genre « je me balade nu dès la première neige » ou encore « les carottes c’est ma grande passion » ou même des choses que la décence interdit de noter ici. Nix aimait les grossièretés et le langage ordurier dont elle usait et abusait allègrement sans se soucier du fait qu’elle surpassait parfois ses hommes à ce petit jeu-là. Fort heureusement, elle n’avait pour le moment pas l’usage de la parole et ne pouvait donc pas faire mine d’engueuler le pauvre homme en lui hurlant « QUOI QU’EST CE QUE T’AS DIT SUR MA MERE ? » alors que son miaulement pouvait se résumer à un « azehbrfghkhj » humain. Trottinant doucement et le tirant vers son refuge, elle accueillit le matelas de feuilles sèches avec un grondement satisfait. Bien qu’aimant la flotte, elle préférait largement être mouillée après avoir piqué une tête dans une rivière plutôt qu’à cause d’une pluie qui ne cessait pas de tomber. Dans ces cas-là, elle préférait paresser bien à l’abri et ronfler jusqu’à ce que le temps soit plus clément. Malgré tout, elle aimait bien cette contrée pour des raisons bassement matérielles. Le Gondor était rempli de richesses et elle trouvait un malin plaisir à tourmenter les chevaliers du coin. Rien de bien méchant mais les délester de leur solde en trichant aux cartes ou en coupant les cordons d’une bourse d’un coup de griffe discret était plutôt amusant. Et il fallait bien s’occuper maintenant qu’un crétin nommé Boromir avait fait fermer les maisons closes du royaume. (Et autant dire qu’on ne pouvait pas compter sur un crétin nommé Aragorn pour les rouvrir.)

D’un autre côté elle aimait bien le coin parce qu’elle y trouvait facilement du gibier et de la nourriture qu’elle ne trouvait pas en Harad. L’estomac à ses raisons que la raison ignore et en ce qui la concernait elle ne crachait pas sur un bon chevreuil ou même un sanglier si elle pouvait mettre la patte dessus. « Puis-je ? » L’homme la sortit de sa réflexion gastronomique et elle inclina royalement la tête. C’était suffisamment rare pour être souligné, il lui demandait la permission. Et Nix appréciait, beaucoup. Ses doigts se perdirent dans la fourrure du fauve qui ferma les yeux dans un soupir de contentement. « Tu es un cadeau d'Annatar, ta présence ici... Tu es magnifique. » Un grondement menaçant s’échappa alors de la gorge de l’animal, aussitôt calmé par le compliment. Elle n’appréciait pas vraiment qu’on la considère comme un don du type qui voulait tout anéantir et réduire en esclavage. Pas vraiment. A vrai dire Sauron n’était pas la tasse de thé de Nix qui, malgré tous ses défauts et son égoïsme évident, avait encore un peu de scrupules à laisser les peuples libres se faire massacrer par un dingo atteint de conjonctivite. Elle ne mordit pourtant pas le suppôt de Sauron, se contentant de râler intérieurement alors qu’il la grattouillait admirablement bien. Tssss… elle se faisait corrompre bien trop facilement… Sans doute que la possibilité de le croquer une fois sa soif de câlins étanchée lui permettait de remettre à plus tard l’épineuse question de « je le bouffe ou pas ».

« Merci d’être là. » La tigresse ouvrit un oeil paresseux et bienveillant. Bon finalement elle n’allait pas le manger, elle l’aimait bien ce bipède. Même s’il disait des trucs idiots. Peut être même qu’elle allait lui dévoiler sa véritable apparence, même s’il était un suppôt de Sauron. Après tout il n’était pas obligé de connaître ses opinions à ce sujet. Peut être, peut être pas… Nix oscillait entre ces décisions sans parvenir à se décider et pas vraiment pressée de le faire. Elle se contentait de savourer les caresses de l’humain, de le gratifier parfois d’un coup de langue affectueux et de somnoler sereinement en le réchauffant de sa fourrure. Enfin il s’endormit contre son flanc et la féline découvrit ses crocs en un simulacre de sourire amusé. Doucement un frisson la parcourut et la métamorphose s’opéra dans le plus grand des silences. Sa fourrure disparut, comme avalée par sa peau brunie par le soleil. Ses griffes devinrent ongles, plus longs et acérés que la moyenne, son corps moins massif et plus fin. Ses yeux pourtant gardèrent leur couleur dorée, ne devenant pas couleur de ciel comme à leur habitude, signe que la métamorphose inverse pourrait s’opérer au moindre bruit suspect. Délicatement, Nix approcha son visage de celui du dormeur et déposa un léger baiser sur son nez. « Mrouuuu ? » roucoula-t-elle à son oreille dans un rire léger, son regard pétillant de malice et d’impatience à l’idée de le voir s’éveiller.


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MessageSujet: Re: L'homme et la bouillotte qui ronronnait [Erathuil]   Jeu 31 Déc - 19:00


     Nix & Erathuil
       
 
      L'homme et la bouillotte qui ronronnait

J'avais sombré dans les bras de Morphée comme on s'enfonce dans les sables mouvants : doucement, sans s'en apercevoir, puis tout d'un coup, aspiré par les limbes sans retour ou possibilité de répliquer. Le noir, l'immensité de l'inconscience bercée dans la chaleur et le réconfort. Inconscience bercée par le sourd ronronnement, le doux grondement de mon félin compagnon. J'étais incapable de dormir dans le silence, après un siècle passé sous la couverture du ciel muet dans un silence assourdissant - mais toujours, sur cette toile de son, l'univers résonnait de bruits et de vie, du murmure des étoiles aux chants des hommes en passant par les sabots martelant le sable ou le bruissement des vêtements et des pas.

Dormir lové contre la mort faite fauve m'avait apporté un rêve peuplé d'étoiles et de la douceur de mon foyer - nostalgie, rêves et liberté inouïe, fierté sauvage ou sauvagerie orgueilleuse. J'avais dormi comme un enfant sans peur ni honte dans les griffes du sanguinaire - j'aimais le danger et riait de l'audace, après tout.

Je n'avais appris que je m'étais endormi que lorsque j'avais rouvert les yeux, éveillé en sursaut, les nerfs à vif, mon corps malmené par le sol
- on maudit le sable bien trop pour un élément à l'étreinte presque maternelle sur les corps lovés et endormis en son sein - un frisson parcourant ma peau, dégrisant mon esprit des restes du sommeil.
Il était agréable de s'endormir dans les bras de Morphée sans s'en apercevoir, la peau caressée par le chatouillis du pelage sur ma peau, le ventre réchauffé par le corps chaud blotti contre moi, l'impression que la fatigue, la pression et l'humidité du voyage s'évadait progressivement de mes épaules.

Je me réveillai. Avec la trace fugitive d'un baiser sur mon nez - sensation déconcertante, inconnue qui me hurlait de m'armer et de combattre jusqu'à la mort. Je rouvris les yeux en sursaut, sans savoir où j'étais, avec qui, dans quelles conditions, avec seulement la conviction d'un danger incongru. Quelque chose n'allait pas comme l'humidité posée sur mon nez, comme l'absence des sons familiers, et avant même d'ouvrir les yeux ma main droite rampa jusqu'au pommeau de ma dague, mes doigts se renferment sur sa garde plus facilement que celui d'un nouveau-né autour du doigt de sa mère - plus encore de la mienne.

J'ouvris les paupières en sursaut, pour tomber nez à nez avec deux yeux d'or liquide, chaud comme le miel ou le soleil de mon enfance, menaçant et aveuglant comme lui. J'ouvris les paupières en sursaut, tandis que mon corps et le siècle vécu contre les éléments et les volontés divines réagissaient d'instinct, se tendant comme une poupée de Sauron hors de sa boîte, comme un félin en chasse - je roulai sur moi-même, sur mon agresseur pour le plaquer au sol, et plaquer ma dague, sa fine lame recourbée contre sa gorge.

Le fauve, le tigre, l'illusion ou le rêve envoyé par Annatar pour me guider n'était pas là - je ne luttais pas avec une bête de plusieurs centaines de kilos, créature d'Annatar devant laquelle les hommes devaient plier le joug ou hurler leur orgueil d'humains voués à dominer le monde. Un corps fin sous le mien, nu, brûlant de vie et de force, de fougue et de cruauté. Une belle peau de bronze hâlé, semblable à de l'or safrané ( rappelant à nouveau à quel point l'enfant des pluies et du nord était pâle pour ses contrées - j'avais parfois l'impression qu'Annatar se riait de mes déconvenues et de mon inadéquation où que j'aille, comme si j'étais voué à errer en Arda pour son entreprise ). Une femme aux yeux d'or, qui me narguait d'un sourire malicieux où pétillait bien trop d'espièglerie pour mon propre bien. Je jurais de surprise ( de dépit ? ) dans la langue du Khand qui m'étais familière. Bordel ?!

"-Vous ne devriez pas faire ça."

Soufflai-je d'un ton mortellement sérieux, tendu, voire agacé : je m'immobilisai un instant, levant légèrement un sourcil, le regard de glace. J'étais glacé de l'intérieur, une part de moi se cabrant devant ce qui se passait – je n'aimais pas être surpris, ni pris de cours, obsédé de contrôle et fier de mon ego. Estomaqué ? Oui, je l'étais. Comment être autre chose face à une telle créature de légende pourtant si réelle, presque vibrante de réalité. Suréelle. Un frisson me parcourut l'échine le temps de me remettre - je détestais les surprises, je détestais avoir l'impression que quelque chose m'échappait. Et pourtant, un sourire ourlait lentement mes lèvres de délice et d'émerveillement. Avant de redresser légèrement, pour la fixer avec un sourire en coin et dévoiler l'étincelle dans mes prunelles. Je me dégageai, mais ne me relevais pas ; mes genoux heurtèrent les feuilles mortes qui s'éparpillèrent mon poids.

« -Tu es... »

Jour béni d'Annatar ; j'étais témoin d'un miracle alors que mes yeux parcourait la vision devant moi – certes la femme était belle à en tomber, et un amateur de femmes dans mon genre n'aurait jamais pu en détourner les yeux, mais elle ? Elle était spéciale. Dans mes doutes et ma peur de l'avenir, ma volonté de servir Annatar et d'exécuter sa volonté... Je portais doucement, lentement, ma main à mon cœur. Il battait vif et fort, alors que j'inspirais une goulée d'air – la lumière s'était faite et j'avais la sensation profonde que nos projets étaient célébrés et approuvés par mon maître. Sa justice était ineffable et parfaite.

« - Un prodigue, un miracle. Que je sois damnée... Tu es une merveille, ma beauté.. Force, puissance et miracle, je n'aurais pu être plus honoré que de t'avoir suivi en ces bois...»

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MessageSujet: Re: L'homme et la bouillotte qui ronronnait [Erathuil]   Dim 21 Fév - 15:33
L'homme et la bouillotte qui ronronnait

Erathuil & Nix


« Vous ne devriez pas faire ça. » Nix haussa un sourcil amusé et étira ses lèvres en un sourire ironique. C’était lui qui disait ça ? Plaquer au sol une changepeau susceptible de vous bouffer n’était certes pas la chose la plus intelligente à faire. Surtout quand ladite changepeau pouvait se transformer en tigresse et n’avait aucun souci avec le fait de dévorer celui qui l’avait gratouillée entre les oreilles quelques heures auparavant. Elle n’en fit cependant rien, se contentant de sourire et de se redresser légèrement alors qu’il s’écartait d’elle, le regard méfiant. Allons bon, il ne craignait pas un fauve massif capable de le décapiter d’un coup de patte, mais une femme complètement nue si. Sauron avait de bien drôles de soldats. Peut être qu’il prônait l’abstinence, ce qui pouvait expliquer en partie la situation. Allez comprendre alors pourquoi il avait tant d’adeptes. Nix avait son opinion sur la question mais ce n’était pas franchement poli. Ni même flatteur pour lesdits adeptes de la conjonctivite ambulante. Bon après s’il leur promettait pouvoir, argent et vin à profusion, elle devait bien avouer qu’elle même aurait pu être tentée si elle n’avait pas déjà tout cela à portée de la patte. Et si la piraterie ne payait pas aussi bien. « Faire quoi mon mignon ? Je t’écoute. »

Un sourire illumina alors le visage de l’homme à genoux alors que son regard s’éclairait d’une lueur de compréhension. « Tu es… » Il porta la main à son coeur dans un geste de respect alors que l’adoration pure se peignait sur ses traits extatiques. « Un prodige, un miracle. Que je sois damné… Tu es une merveille, ma beauté. Force, puissance et miracle, je n’aurais pu être plus honoré que de t’avoir suivie en ces bois… » Un rire joyeux s’échappa de la gorge dorée de la jeune femme. Un rire profond et chaud, un rire sincère et d’une joie presque enfantine. Cet humain savait comment flatter son ego et bien qu’elle sache parfaitement qu’il la prenait pour une créature de son maître, elle ne pouvait s’empêcher de se sentir merveilleusement complimentée. Elle adorait ça. Être admirée, adorée, déifiée même. Elle aimait être crainte certes, mais l’adoration, l’amour sublime qu’on pouvait lui porter lui était plus précieux que l’or. Elle se redressa complètement et glissa jusqu’à l’homme dans un ronronnement de satisfaction. Ses mains se posèrent sur ses joues et elle attrapa délicatement son visage entre ses paumes brûlantes. « T’entendre m’abreuver de compliments est la chose la plus plaisante qui m’est arrivée ces derniers jours. Je pourrais très certainement me repaître de ton adoration pour les temps à venir. » Mais jusqu’à preuve du contraire, l’adoration ne nourrissait pas la tigresse, ni l’humaine. Cela pouvait pourtant la pousser à oublier un temps qu’elle avait pour principe de dévorer ceux qu’elle croisait par pur caprice.

Nix se comportait parfois comme une divinité capricieuse, forte de ses capacités et de la dualité qui l’habitait. Et comme une déesse sauvage et sanguinaire, l’adoration et la dévotion parvenait un temps à calmer sa faim qu’elle endormait, oubliant un temps son envie impérieuse de dévorer le monde. « Je ne vais pas te dévorer, pas aujourd’hui. Mais j’ai une question… » Ses lèvres glissèrent tendrement sur la joue avant qu’elle ne s’écarte avec un sourire féroce tandis qu’un long remontait le long de sa colonne vertébrale. « Ton maître est-il le mien ? Crois-tu vraiment que nos volontés ne font qu’une ? » La transformation s’opéra en un instant, sans un bruit et où se tenait Nix se trouvait désormais la tigresse aux yeux d’or et aux pattes puissantes. Un éclair de fourrure fauve et sombre plaqua l’homme au sol dans un rugissement impérieux avant de s’écarter d’un bond et de se tenir à l’entrée de la caverne. La bête fixait l’homme de ses yeux où brillait le soleil d’Harad, d’un air de défi et certainement avec une pointe d’amusement. La faim revenait et elle avait promis de ne pas le dévorer aujourd’hui. Alors la bête se détourna après un ultime rugissement victorieux et s’enfonça dans la profondeur obscure des bois.


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L'homme et la bouillotte qui ronronnait [Erathuil]

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